Soirée des Soutiens et Hommage à Jacques Chirac

Discours de Monsieur Bruno GILLES Soirée du 27 septembre 2019
Hommage au Président Jacques CHIRAC
Mes chers amis,

Vous êtes si nombreux ce soir. Si nombreux.
Je tiens tout d’abord à vous dire un immense merci pour votre présence à mes côtés ce soir. Je sais que vous êtes venus de tout Marseille. Je le vois.
Merci également à toutes celles et ceux qui ont participé à l’organisation de cette soirée et un merci tout particulier au patron du Manu Beach, Claude MIKAIL et la famille ANTOINE, qui nous font l’amitié de nous accueillir dans son bel établissement.
Mes amis, vous le savez, notre rendez-vous de ce soir, je souhaitais le consacrer à la vision et à l’ambition que je porte pour Marseille. Je voulais aussi vous parler de vous, qui êtes les Marseillais,
Qui êtes Marseille.
Vous qui faites Marseille.
Oui, nous nous préparions à un meeting politique, presque traditionnel. Et pas tant que ça puisqu’il était question pour moi ce soir de vous dire ma détermination sans faille. De vous emmener vers mars 2020.
De vous dire aussi que ma plus belle histoire politique, c’est vous.
Vous êtes ce soir près de 2000. Et j’ai reçu tant et tant de témoignages d’amitié, d’encouragement.
Vous l’avez compris, il est tout simplement indécent de faire comme si. (Silence)
Il ne m’était pas possible de m’adresser à vous sans rendre hommage à un homme qui a beaucoup aimé la France, qui a passionnément servi la France. Et qui adorait Marseille.
Jacques Chirac nous a quittés hier matin.
Et on a tous en nous quelque chose de Jacques Chirac, comme avait pu le chanter Johnny lors de ses meetings.
Hier matin, j’étais dans mon bureau et je travaillais. Pour ne rien vous cacher, chers amis, je travaillais au discours que je devais vous livrer ce soir. Pour vous mes amis, mes soutiens.
Un discours politique, un discours pour parler de cette campagne municipale si particulière pour moi, puisque voilà déjà un an que je suis en campagne, Un an que je vous rencontre partout dans Marseille, Un an que je travaille avec mes experts.
Un an que nous construisons ensemble, et pour la première fois, un vrai projet participatif.
Un an que je prépare votre avenir et celui de Marseille. Un an que j’entends vos besoins, mais aussi vos rêves,
Un an que je comprends votre quotidien, vos ras-le-bol mais aussi vos envies, vos idées.
Un an que je suis avec vous, Marseillaises et Marseillais.
Et puis mon téléphone a vibré. Comme le vôtre sans doute. Une alerte info.
Jacques Chirac est mort. (Silence)
Jacques Chirac est mort.
J’ai quitté ma table de travail et j’ai regardé les nombreuses photos de lui qui sont posées au mur, sur les meubles, un peu partout. A force de les savoir là, ces photos, je ne les voyais plus. Là, j’ai pris le temps.
Bien sûr, cette annonce, hélas, nous la redoutions.
C’est d’abord une immense tristesse qui m’a envahi.
Chirac, c’est 42 ans de ma vie. Pas seulement de ma vie politique. C’est 42 ans de ma vie d’homme.
Depuis hier matin, une parenthèse s’est ouverte en France et à Marseille. Une parenthèse nationale que je souhaite que nous respections ensemble. Par dignité.
Par respect.
Et en souvenir de lui.
Bien sûr, cette parenthèse va se refermer, parce qu’ainsi va la vie.
Mais je me devais d’associer à cette grande soirée des soutiens un hommage à Jacques Chirac.
Alors, je veux vous parler de MON Chirac. Celui qui m’a tout appris. Celui pour lequel je me suis engagé en politique à l’âge de 16 ans.
Celui sans qui je n’aurai pas cet attachement et ce goût de l’écoute et de la proximité.
Sans lui, je ne me serai jamais autant investi pour ma ville et pour vous, Marseillaises et Marseillais.
Je suis ce que les journalistes ont appelé un bébé-Chirac. Avec toi Renaud, avec François Baroin et quelques autres, c’est ainsi que nous étions surnommés. Quelle fierté !
C’est en 1976, très exactement le 5 décembre 76, à quelques jours de mes 16 ans, que j’ai vu pour la première fois ce grand gars, très mince.
Je me souviens de ces images comme si c’était hier. Il venait d’être élu président du nouveau parti gaulliste, le RPR dont il avait été le fondateur.
Un véritable choc pour moi quand je l’ai vu, les bras en V, combatif, conquérant.
Un personnage tellement charismatique qu’il me semblait tout droit sorti d’un film.
J’avais 16 ans et ma vie allait prendre alors un virage décisif : celui de la politique. Chirac, pour lequel j’ai toujours ressenti une puissante admiration, a bouleversé ma vie.
Ma première carte au RPR, elle est pour lui. Depuis, je suis resté fidèle à nos convictions communes.
Je n’ai jamais trahi cet idéal de jeunesse et je suis toujours fidèle à mes amitiés. La loyauté aussi, je l’ai apprise, nous l’avons apprise, mon cher Renaud, avec Jacques Chirac.
Ta présence, ce soir à mes côtés, en témoigne.
Depuis, combien de moments vécus, de campagnes menées, d’intimité partagée avec Jacques Chirac ? Quel privilège d’avoir pu travailler avec lui, d’avoir appris à ses côtés.
Permettez-moi de vous livrer quelques souvenirs, quelques anecdotes, qui rappelleront sans doute à certains d’entre vous des moments uniques.
Bien sûr en 1987, où nous avons organisés, avec Renaud, les université d’été d’Arles.
Chirac, pour moi, c’est aussi 1992. Il est alors maire de Paris, il s’ennuie un peu, beaucoup. Et il décide de faire un tour de France pour préparer les élections législatives de 1993. Et déjà se préparer à la Présidentielle de 1995.
Il vient à Marseille où il rend visite, à l’hôpital Ambroise Paré, à deux pas du boulevard Baille, à Claude Labbé, un gaulliste qui malheureusement est sur le point de mourir alors. Il passe un long moment à son chevet, avant de partir.
Et de réclamer que nous nous arrêtions pour acheter des cigarettes, des Gitanes brunes sans filtre. Ce que nous faisons, dans un bar de quartier. Chirac entre, avec son officier de sécurité. Nous l’attendons un long moment. Il ne ressort pas.
Je finis par sortir de la voiture, nous rentrons avec Renaud dans ce café. Et nous voyons Chirac attablé au comptoir en train de boire des bières et de fumer des clopes avec les gens. En grande conversation. Il était comme ça, Chirac. Naturel. Proche des gens. A l’écoute.
En politique, on ne peut jamais forcer sa nature et ça, Chirac me l’a appris. Oui, il m’a inspiré, il m’a énormément appris. Il aimait serrer des mains, il aimait le contact. Il aimait écouter. Il aimait prendre le temps. Je sais que c’est ainsi que l’on doit faire de la politique. Être au contact. C’est ce que j’ai fait en tant que maire de secteur. C’est ce que je continue à faire en tant que candidat à la mairie de Marseille. Et c’est ce que je continuerai à faire demain si je deviens le maire de tous les Marseillaises et les Marseillais.
Mon Chirac, c’est aussi une soirée d’anniversaire à la brasserie le New-York, sur le Vieux -Port en 1992.
Pour ses 60 ans. J’ai fait partie des privilégiés invités ce soir-là. Il y avait Claude, sa fille, des amis proches et bien sûr Renaud.
Mon Chirac, c’est encore cette campagne pour la présidentielle de 95, une campagne pour laquelle, souvenez-vous, on le donnait perdant. Une campagne que les Guignols de l’Info sur Canal + avait parodié avec Chirac plein de poignards dans le dos.
Vous savez, quand vous êtes en 1994 / 1995 un proche de Jacques Chirac, cette campagne a le goût intense de la victoire mais aussi le goût amer de la trahison.
Chirac a eu deux coups de génie alors : la fracture sociale et les pommes.
Cette pomme que vous avez ce soir entre vos mains. Cette pomme, c’est Chirac, c’est sa victoire. Montrez-les moi ! Montrez-les lui !
Puisque ce soir nous sommes entre nous, entre amis, je vais vous faire une confidence. Vous offrir des pommes, je l’avais voulu bien avant que nous n’apprenions la disparition de Jacques Chirac. Cette pomme, elle symbolise avec humour l’ambition qui est la mienne, comme celle qui guidait Jacques Chirac pour améliorer le quotidien des Françaises et des Français. C’est un clin d’oeil que je lui fais.
Cette pomme, elle s’inscrit aussi dans mon ambition pour les écoles et les cantines de Marseille, pour que vos enfants, vos petits-enfants puissent mieux manger, profiter de repas sains, issus autant qu’il le sera possible d’une agriculture bio et surtout locale, comme ces pommes.
Et puis cette pomme, c’est aussi autre chose. C’est un autre symbole : c’est le symbole d’une Remontada, celle de Chirac dans la campagne présidentielle de 1995.
En cet instant, je repense à cette fameuse soirée de février 1995 à Marseille, à quelques mois du premier tour de l’élection présidentielle.
Jacques Chirac organise un grand rassemblement au Dôme. Je suis son directeur de campagne pour le département. Nous ne sommes pas dans l’euphorie. C’est rien de le dire. Les sondages le donnent perdant contre Balladur. La couverture médiatique est mesurée, pour ne pas dire assez limitée. Peu de caméras, peu de micros de radio, quelques journalistes de presse écrite. Et un Dôme prévu en petite configuration.
Mais Chirac avait une telle force de conviction en lui, un moral d’acier. Chirac était un guerrier qui n’abandonnait jamais avant d’avoir livré le combat. Et avant de l’avoir mené jusqu’au bout. Chirac n’abandonnait jamais.
Il remplira finalement la salle du Dôme en grande configuration, soit 8000 personnes : je me souviens, les gens couraient pour trouver une place assise, pour lui serrer la main et échanger quelques mots avec lui après son meeting.
Les pommes, on n’en avait pas commandées assez! Avec Claude Chirac et Renaud Muselier, nous n’en revenions pas.
Mais vous savez ce qui a vraiment fait la différence ? Cette élection, c’était le combat de sa vie.
Rien ni personne n’aurait pu l’arrêter. Rien,
Ni personne.
Quand on est déterminé, rien ne peut vous arrêter. Rien.
C’est l’une des grandes leçons que je retiens de lui et que j’applique, vous le savez, depuis plus d’un an maintenant.
Pour les Marseillaises et les Marseillais. Pour vous. `
Pour Marseille.
Quand certains osent encore me demander si j’irai jusqu’au bout de cette campagne, et bien aujourd’hui je leur répond comme Chirac au 20h00 d’Arlette Chabot sur Antenne 2, au début de l’année 1995, vous parlez sérieusement ou vous faites de l’humour …
J’ai été une deuxième fois directeur de campagne départemental pour Jacques Chirac en 2002. Suite à sa victoire et à l’entrée au gouvernement de mon ami Renaud Muselier, j’ai eu l’honneur d’intégrer l’Assemblée Nationale en devenant Député. Renaud merci. Ta confiance je ne l’ai jamais oublié et je ne l’oublierai jamais. Et en tant que membre de la majorité présidentielle, j’ai souvent eu l’occasion de rencontrer Jacques Chirac à l’Elysée.
Là encore, grâce à des échanges fréquents, vous appréhendez la mission qui est la vôtre. Vous servez Marseille mais vous servez aussi la France.
Cette expérience dont vous avez besoin pour servir la 2e ville de France, elle s’acquiert aussi à Paris, où se font les lois.
Aux côtés de celui qui au long de ces deux mandats de Président de la République, a prononcé des discours historiques qui ont changé le cours de notre pays.
Je veux en garder deux : le discours du Vel d’Hiv’, en 1995, puis celui qu’il prononça à Johannesburg en Afrique du Sud avec cette célèbre phrase : notre maison brûle et nous regardons ailleurs.
Chirac a aussi été l’homme des grands combats sur le plan intérieur. Chirac a fait du combat contre les extrêmes l’une de ses priorités. Comme toi Renaud, je m’inscris dans cette ligne et je refuse les extrêmes pour la gestion de notre ville.
Chirac aura été un grand chef d’Etat et je ne cesse de m’interroger sur un certain nombre de critiques faites à mon encontre. Et même d’accusations, totalement déplacées et hors-sol.
Quoi ? J’aurais choisi une carrière nationale ? Pire, j’aurai choisi d’être parisien ?
Mais c’est ne pas comprendre que c’est au contraire une chance, un privilège, un honneur d’avoir aussi mené des mandats nationaux, en tant que Député d’abord, puis Sénateur maintenant. D’ailleurs, Jean-Claude Gaudin l’a toujours dit, il faut connaître le national pour prétendre diriger une ville comme Marseille.
C’est un honneur aussi, un devoir même d’avoir pu porter cette loi votée à l’unanimité au Sénat sur l’habitat indigne, peu après ce terrible drame de la rue d’Aubagne du 5 novembre dernier.
Oui c’est un honneur et une chance d’avoir pu, dans sa carrière politique, mener des mandats nationaux. Encore faut-il avoir eu l’opportunité de saisir cette chance, de gagner des combats politiques, de compter dans sa famille politique ?
Je dirais même que c’est un honneur d’avoir été 4 fois élu maire des 4e et 5e arrondissements et d’avoir été choisi par les électeurs marseillais, par vous mes chers amis, pour devenir parlementaire. Et de porter ainsi la voix de Marseille jusqu’à Paris.
Bien peu sont élus Députés.
Bien peu ont l’honneur de devenir Sénateur.
Bien peu ont eu à choisir entre le local et le national.
Rien ne m’a été épargné. Rien ne m’a été donné.
Moi, je n’ai hérité de rien mais j’ai beaucoup travaillé et appris de mes aînés. Chirac le premier.
Ceux qui n’ont jamais eu à faire ce choix, ceux qui portent cette critique aujourd’hui, ne peuvent connaître cet enthousiasme et cette fierté de servir et de représenter Marseille, de servir et de représenter les Marseillaises et les Marseillais.
Oui, j’ai servi les Marseillaises et les Marseillais à Paris.
Demain, si vous le voulez aussi fort que moi, je servirai les Marseillaises et les Marseillais à Marseille. Pleinement et exclusivement consacré à ma ville, à notre ville. Un Maire proche des Marseillaises et des Marseillais. Un Maire à plein temps, consacré à son seul mandat. Chacun a déjà tant à faire dans les responsabilités qu’il exerce déjà.

Jacques Chirac me l’a appris, me l’a répété à de nombreuses reprises :

Ce qui importe le plus, finalement, c’est rester simple, c’est conserver cette proximité, c’est prendre du plaisir à vous écouter, c’est rester humain, profondément humain.
C’est aussi, parfois, agir et travailler loin des caméras, loin des projecteurs.
Voilà pourquoi Jacques Chirac était un homme populaire. Voilà pourquoi Chirac aimait Marseille et pourquoi Marseille le lui rendait bien.
Marseille n’est pas une ville de Droite. Marseille n’est pas une ville de Gauche.
Marseille est une ville populaire, n’en déplaise à certains.
Une ville forte de ses convictions, de ses luttes et de son indéfectible liberté.
Voilà pourquoi je souhaite cette proximité pour notre Ville. Par le passé, on s’est trop longtemps occupé de l’image de Marseille et pas suffisamment des Marseillaises et des Marseillais.
Pour gouverner Marseille, il faut comprendre les contours de l’âme marseillaise. Avec ses contradictions et sa flamme.
Laissez-moi vous raconter cette dernière anecdote qui dit aussi beaucoup quel homme politique était Chirac. Quel homme, tout simplement, était Chirac …
Au tout début de 95, Chirac vient une nouvelle fois à Marseille et avec le docteur Patrick Padovani, avec toi Renaud, tu t’en souviens, avec le professeur Jean- François Mattéi également, nous organisons pour lui une rencontre avec des médecins. Chirac voulait comprendre les problématiques de la toxicomanie et du Sida. Nous gérons cette rencontre, dans une petite salle un peu grise d’un hôtel sans âme. Chirac va passer 3 heures à écouter ces spécialistes. A leur poser des questions. Un souvenir incroyable, et une grande leçon de politique.
Car la politique, ce n’est pas le Je Je Je. La politique, c’est de l’empathie, c’est de l’écoute. La politique, c’est le Nous Nous Nous !
Mon cher Renaud, tel est l’enseignement de notre Chirac. Voilà pourquoi nous nous retrouvons sur des sujets aussi importants et que nous partageons une vision commune sur la nouvelle gouvernance pour Marseille et l’exigence d’une vraie éthique politique.
Voilà, Jacques Chirac est mort et c’est tout un pan de ma vie, de notre vie, non pas qui disparaît, mais au contraire qui remonte à ma mémoire et qui va m’inspirer encore plus pour les mois à venir.
Ne jamais abandonner.
Ne jamais perdre de vue que nous, femmes et hommes politiques, ne sommes pas là pour notre carrière.
Nous ne sommes pas là pour additionner les mandats. Ni par goût du pouvoir. `
Non, nous faisons de la politique pour vous, pour des idéaux aussi.
Chirac était un homme secret mais chaleureux. Mon Chirac m’a appris à ne jamais abandonner.
Renaud, ensemble, nous avons partagé ces moments d’une intensité rare. Nous avons eu ensemble cet honneur.
Tu es venu car toi aussi tu es profondément triste et ému.
Je voulais te remercier de ta présence ici. Nous sommes entre amis, tu devais être là.
Je ne terminerai pas cette rencontre de ce soir sans remercier également trois personnes chères à mon coeur. J’aimerai que ma femme Silvia et mes deux enfants, Bastien et Margaux, me rejoignent.
D’ailleurs Margaux, je n’oublierai jamais le coup de fil du Président Jacques Chirac pour me féliciter de ta naissance en mai 2005.

Vaclav Havel disait : «C’est pour les enfants qu’il faut faire de la politique. C’est souvent à cause d’eux qu’on n’en fait pas».

Et bien moi je veux mener et gagner ce beau combat pour les enfants de Marseille. Merci à tous. Je vous donne rendez-vous très vite. Vous êtes Marseille. Vous êtes les Marseillais. Nous sommes les Marseillais. Et nous allons gagner !

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